L'objectif de cet article est de faire un premier point des informations publiées sur les rémunérations du Top Management des entreprises suisses cotées en bourse, principalement les multinationales, en les situant par rapport à la dimension de l'entreprise en termes de chiffre d'affaires et de bénéfice et en précisant les tendances qui se dégagent dans cette perspective. La réglementation suisse oblige maintenant les sociétés cotées en bourse à publier certaines informations sur les rémunérations de leurs organes supérieurs. Il s'agit là d'un premier pas vers la transparence des salaires.
Pour réaliser une analyse comparative des rémunérations les plus élevées des Conseils d'administration, nous avons sélectionné tout d'abord les entreprises suisses cotées ayant réalisé en 2004 un chiffre d'affaires supérieur à 750 millions CHF. Sur l'ensemble de ces entreprises, nous n'avons retenu ensuite que celles où la rémunération la plus élevée du CA correspond à la principale personne du Top Management de l'entreprise, avec également la rémunération la plus élevée de l'entreprise. Au total, l'analyse comparative porte sur 48 entreprises.
Sous le point 3, nous examinons la rémunération la plus élevée du CA dans différents groupes de branches, en relation avec la tendance dégagée par rapport à l'indice combinant le chiffre d'affaires et le bénéfice de l'entreprise. L'examen porte plus particulièrement sur les entreprises où la rémunération s'écarte fortement des tendances générales constatées. Ces écarts peuvent généralement être expliqués en partie par l'évolution de ces dernières années dans le chiffre d'affaires et le bénéfice, de même que dans le cours de l'action.
Dans la rémunération du Top Management des multinationales, une partie importante est généralement constituée d'actions et d'options, considérées comme des "Long Term Incentives". La valeur des LTI peut faire l'objet d'estimations sensiblement divergentes. Comme il s'agit d'une grosse partie de la rémunération totale, il est essentiel de bien préciser le mode d'évaluation des LTI.
Alors que Daniel Vasella, président du CA et CEO de Novartis, s'est révélé un remarquable stratège de la fusion réussie de Ciba-Geigy et de Sandoz, sa rémunération a fait l'objet d'un véritable "tollé" médiatique en février 2006. Le cas de Novartis est exemplaire et permet de dégager des conclusions de caractère général :